Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 2 août 2016

Saint Elie (Ilia) le Juste († 1907)


Mémoire le 20 juillet/ 2 août

Saint Elie (Ilia), appelé le "roi sans couronne de Géorgie", le "Père de la Nation" et " Le Juste", appartenait à la noble famille des Tchavtchavadzé. Il naquit le 27 octobre 1837, dans le village de Qvareli en Kakhétie. Il fit ses études primaires à la maison: sa mère lui enseigna la lecture et l'écriture, la prière et la loi de Dieu. Quand il eut huit ans, Elie fut envoyé étudier avec l'archidiacre Nicolas (Nikoloz) Sépatchvili de Qvareli. Les années qu'il passa là, laissèrent une empreinte indélébile sur la vie de ce saint homme.

Elie poursuivit ses études dans un pensionnat de Tbilissi, et plus tard au gymnase de la cour (lycée). Ses parents moururent à un jeune âge, les enfants orphelins furent confiés à la garde de leur tante Macrine.

En 1857, Elie s'inscrivit à l'école de droit de l'Université de Saint-Pétersbourg. Là, il lut beaucoup et lutta pour s'améliorer en tant qu'individu. Il était fasciné par l'histoire géorgienne et passait beaucoup de son temps dans les archives de Saint-Pétersbourg à la recherche de textes géorgiens anciens. Ses résultats scolaires étaient excellents, mais il n'était pas intéressé à recevoir un diplôme officiel de l'école de droit. Dans sa quatrième année, il abandonna le programme et retourna en Géorgie.

Elie était certain qu'une nation qui oublie sa propre histoire "est comme un mendiant qui ne connaît ni son passé, ni où il va." Pour cette raison, il chercha à inspirer ses compatriotes avec les gloires du passé de leur nation et la fidélité de leur ancêtres à la foi chrétienne et à la nation géorgienne.

La restauration de l'indépendance nationale et de l'autocéphalie de l'Eglise géorgienne étaient les principaux objectifs vers lesquels saint Elie s'efforçait dans chaque aspect de sa vie. Comme moyen permettant d'atteindre ces objectifs, Elie fit le travail d'un historien: Il mena une recherche intensive et exposa ceux qui falsifiaient l'histoire et déshonoraient la nation géorgienne.

Ce grand philosophe, écrivain et historien répétait souvent la déclaration "Un pays dont la langue est corrompue ne peut plus exister en tant que nation." Il se souciait profondément de la langue géorgienne et luttpour s'assurer qu'elle reste la première langue enseignée dans les écoles.

Elie inspir beaucoup d'êtres par son zèle patriotique, et il fonda la Société pour la propagation de l'alphabétisation chez les Géorgiens. Il établit un dépositaire de manuscrits et d'antiquités géorgiennes. De plus, il lança un mouvement de documentation des traditions folkloriques orales et aida à fonder la Banque agraire géorgienne.

Elie le Juste fut souvent entendu déclarer: "Nous, le peuple géorgien, avons hérité de trois dons divins de nos ancêtres: Notre patrie, notre langue et notre foi., Si nous n'arrivons pas à protéger ces dons, quel mérite aurons-nous en tant qu'hommes?"

Mais les bonnes oeuvres d'Elie étaient un affront et une menace pour ceux qui adhéraient à la nouvelle idéologie athée, ils complotèrent pour le faire mourir.

Le 30 août 1907, Elie Tchavtchavadzé et sa femme, Olga (Gouramichvili), venaient de partir de Tbilissi pour Sagouramo lorsque leur voiture s'arrêta brusquement en dehors de Mtskheta, près de la forêt Tsitsamuri. Ils étaient attendus par un groupe de militants sociaux-démocrates qui les attaqué  et tirèrent sur Elie, le tuant.

Le tribunal militaire du Caucase condamna les meurtriers d'Elie Tchavtchavadzé à mort par pendaison. Mais Olga, épouse d'Elie a demandé que le gouverneur général pardonne les assassins de son mari. Elle affirma que, si Elie avait survécu, il aurait fait la même chose, étant donné que les tueurs étaient simplement ses "frères malheureux égarés."

En effet, Elie avait pardonné l'offense de ses meurtriers depuis longtemps, dans son poème prophétique "Prière":

Notre Père Qui es aux cieux!

Avec tendresse que je me tiens devant Toi à genoux;

Je ne demande ni la richesse, ni la gloire;

Je ne vais pas rabaisser ma sainte prière avec des choses terrestres.

Je voudrais que mon âme repose dans le ciel,

Que mon cœur soit rayonnante de l'amour annoncée par Toi,

Je voudrais être en mesure de demander le pardon de mes ennemis,

Même s'ils me transpercent le coeur:

Pardonne-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu'ils font!

En 1987, le Saint Synode de l'Eglise orthodoxe géorgienne a examiné les actes d'Elie Tchavtchavadzé devant Dieu et son pays et l'ont décrété digne d'être compté parmi les saints. Il a été joyeusement canonisé comme saint Elie "Le Justes".

Fils du peuple géorgien et martyr pour ta nation, très glorieux Elie le Juste, prie le Christ Dieu d'avoir pitié de nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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