Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 6 décembre 2016

SAINT HIEROMARTYR GREGOIRE (GRIGOL PERADZE) († 1942)


Mémoire le 23 novembre/6 décembre

L'archimandrite Grégoire (Grigol Péradzé) naquit le 31 août 1899, dans le village de Bakurtsikhe, dans le district de Sighnaghi de Kakhétie. Son père, Roman Peradze, était prêtre. En 1918 Grégoire termina ses études à l'école théologique et séminaire de Tbilissi et s'inscrivit au département de philosophie de l'université de Tbilissi. Trois ans plus tard, en 1921, il commença à enseigner à l'université, mais l'Eglise Géorgienne l'envoya bientôt en Allemagne pour y étudier la théologie. De 1922 à 1925 Grégoire étudia la théologie et les langues orientales à l'Université de Berlin, et en 1925, il fut transféré au département de philosophie de l'université de Bonn, où il obtint un doctorat en philosophie pour sa thèse "La vie monastique en Géorgie des origines à 1064." Grégoire continua à assister aux cours de théologie à l'Université de Louvain jusques en 1927.

En 1927, Grégoire déménagea en Angleterre pour poursuivre sa carrière dans le milieu universitaire, et c'est là qu'il eut connaissance de vieux manuscrits patristiques qui avaient été conservés dans les collections de la bibliothèque du British Museum et de l'Université d'Oxford. En juillet de cette année, Grégoire fut nommé professeur associé à l'Université de Bonn, et il y retourna pour donner des conférences sur l'histoire de la littérature géorgienne et arménienne. En 1931, Grégoire fut tonsuré moine, ordonné prêtre, et nommé doyen de l'église géorgienne à Paris. Un an plus tard, il fut invité à donner des conférences à Oxford sur l'histoire de la Géorgie.

Une nouvelle période dans la vie de saint Grégoire commença plus tard, en 1932, quand le métropolite de toute la Pologne, Denis (Waledinsky), l'invita pour être professeur de patrologie et de la chaire de théologie orthodoxe de l'Université de Varsovie. Il donna souvent des conférences dans les assemblées universitaires et dans les centres universitaires de toute l'Europe. Il chercha sans relâche les anciens manuscrits géorgiens et des documents historiques sur l'Eglise Géorgienne. Ses recherches l'emmenèrent en Syrie, Palestine, Grèce, Bulgarie, Autriche, Roumanie, Italie et Angleterre. À la suite de ses travaux, de nombreuses manuscrits géorgiens perdus depuis longtemps refirent surface.

L'humilité et l'assiduité caractérisèrent le hiéromartyr Grégoire tout au long de sa vie. Dans les moments difficiles il répétait souvent les paroles de saint Jean Chrysostome: "Gloire à Dieu en toutes choses" Dans les années 1920, l'Armée rouge affermissait son occupation de la Géorgie, les trésors de la nation furent emportés en France pour leur sauvegarde. Plus tard, dans les années 1940, la société géorgienne ne savait pas que, grâce aux seuls efforts de saint Grégoire, de nombreux trésors de la culture nationale géorgienne ne connurent pas la confiscation par les nazis à Paris. Au riisquet d'être exécuté devant un peloton d'exécution, saint Grégoire écrivit dans la documentation officielle présentée aux nazis que ces articles n'étaient d'aucune utilité particulière, mais étaient précieux pour les géorgiens dans le cadre de leur conscience nationale.

La plupart des membres de la société géorgienne, ne savait pas non plus qu'à Paris, l'archimandrite Grégoire avait fondé une église géorgienne en l'honneur de la sainte égale-aux-apôtres Nina et un journal paroissial intitulé Jvari Vazisa, ou "La Croix de vigne."

En mai 1942, saint Grégoire fut arrêté par la Gestapo. Les inestimables manuscrits géorgiens qu'il avait conservés et de nombreux objets sacrés qui avaient été conçus par les anciens maîtres géorgiens et recueillis par saint Grégoire au cours de ses voyages (dans l'espoir de les ramener en Géorgie)  disparurent après que son appartement eut été fouillé.

L'archimandrite Grégoire fut arrêté pour avoir abrité et aidé ses Juifs et d'autres victimes des persécutions fascistes. Il fut incarcéré à la prison de Pawiak à Varsovie, et déporté à Auschwitz au début de novembre.

Dans le camp, un détenu tua un officier allemand. Les gardes conduisirent dehors tous les prisonniers absolument nus, les forçant à rester dans des températures inférieures au point de congélation, jusqu'à ce que quelqu'un avoue. Saint Grégoire décida de prendre le blâme pour le meurtre, empêchant ainsi des prisonniers innocents de mourir de froid. Les gardes lâchèrent les chiens sur le martyr, versèrent de l'essence sur lui et lui mirent le feu. Puis ils dirent, "les Polonais, allez vous réchauffer autour de lui, votre intercesseur." Selon la documentation officielle de l'Allemagne, Grégoire Péradzé  est mort le 6 Décembre, 1942 [Novembre 23, vieux style], à 4h45 de l'après-midi. [1 ] A la fin, comme le Christ Lui-même, l'archimandrite Grégoire est mort pour avoir pris sur lui le péché d'un autre.

Ton âme exulte avec les saints apôtres, ô Père Grégoire, couronne des martyrs. Par tes prières rends-nous dignes de la joie éternelle!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

[1] Selon un autre témoignage, le martyr entra dans la chambre à gaz, à la place d'un juif qui avait une grande famille. Ceci fut rapporté par un ancien prisonnier, qui, après avoir été libéré, rendit visite au Métropolite Denys, et lui donna la croix de saint Grigol.

                                                გრიგოლ ფერაძე – Grigol Peradze

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